Fausses publicités sonores et interactives.

Le « e-art » propose l'espace virtuel comme un nouveau lieu d'intervention artistique in situ s'inspirant des formes de la communication publicitaire sur l'internet (ou e-pub).

Enjeux :
- Communiquer à la manière de la publicité en tenant compte des spécificités du support web. Un jeu critique de détournement, de parodie ou de communication sur des « services » à valeur ajoutée artistique.
- Poser la question de la place de l'art sur le réseau numérique, en donnant aux artistes la position la plus visible : celle que les sites marchands ont réservé à l'hébergement de contenus lucratifs.
- Favoriser un mode d'infiltration, d'intrusion de l'art dans un espace (documentaire, informatif) qui n'a pas été conçu pour lui.
- Imposer à l'art de se questionner sur la finalité du séductif, du ludique, ou d'une popularisation de son contenu.
- Offrir une belle opportunité de création à des oeuvres acides, réactives, insolentes, questionnantes.
- Aller voir du côté des nouvelles générations d'artistes, ceux qui ont intégré le numérique dès leur formation sans oublier les artistes rompus à l'intervention artistique dans des territoires où on ne l'attend pas.
- Renouer avec une histoire qu'on peut faire commencer au futurisme, au constructivisme, poursuivre avec les années 60-70 (de Kosuth à Nam June Paik), enchaîner sur les années punk (Bazooka en France) poursuivre avec le street-art, etc.

Quant aux points négatifs, le brouillage des repères, la confusion des genres, l'inconfort de la navigation, ils permettent en contrepartie de témoigner des effets de propagation que permet le support/media/medium internet en abolissant les frontières physiques et mentales (des genres, disciplines, activités, et autres territoires.).
Cette opération de « e-art » a fait partie du projet Art Grandeur Nature 2004/n° 15 de la revue Synesthésie.

Anne-Marie Morice